Cinéphile m'était conté ...

Cinéphile m'était conté ...

Belgique/Pays Bas


La dernière sensation du Christ (Soif)

Question innocente : si le manuscrit de Soif avait été envoyé anonymement aux maisons d'éditions, aurait-il été retenu par icelles ? Pas sûr mais ce n'est pas non plus une indication sur sa qualité étant donné les textes qui ont été refusés de prime abord. Tout cela pour dire que le dernier roman d'Amélie Nothomb, qui se glisse dans la peau du Christ le temps d'un monologue, réussit le prodige de provoquer un ennui irrépressible, disons dès la trentième page. Ainsi donc, pour être le fils de Dieu, Jésus n'en était pas moins un homme, information de première main, lequel était soumis à tout un tas de sentiments, moraux mais aussi physiques, dont la soif qui donne son titre à ce récit qui va du procès à la résurrection de qui vous savez, avec quelques menus flashbacks et considérations sur les compagnons du Christ ou les "victimes' (oui, oui) des miracles qu'il a pu accomplir. Les voies du Seigneur sont impénétrables, celles d'Amélie Nothomb le sont davantage dans ce roman inconsistant mais qui se veut original mais qui ne l'est guère et ne devrait pas susciter l'ire des intégristes, rien à voir que La dernière tentation du Christ. Car ici, il n'est question que des dernières sensations de Jésus. Pas de quoi crucifier Amélie, évidemment, mais on attend depuis si longtemps un roman qui dépasserait les 150 pages et qui montrerait un vrai talent (qu'elle a, c'est certain) pour développer une intrigue et des personnages. Un jour, peut-être.

 

 

L'auteure :

 

Amélie Nothomb est née le 9 juillet 1966 à Etterbeek (Belgique). Elle a publié 27 romans dont Stupeur et rmblements, Barbe bleue et Les prénoms épicènes.

 


01/09/2019
0 Poster un commentaire

Une âme grise (Sainte Rita)

Connaissez-vous Fagne-Sainte-Marie, petit village sis à l'est des Pays-Bas, proche de la frontière allemande. ? A priori, vous n'avez rien raté, l'endroit semble n'avoir pas bougé depuis des lustres et beaucoup de ses habitants le fuient dès que possible. C'est là que Paul, le héros du roman de Tommy Wieringa, Sainte Rita, habite depuis sa naissance, partageant son temps entre sa boutique de curiosités militaires, les soins à son père avec lequel il vit et quelques soirées arrosées avec son meilleur et seul ami, Hedwiges. C'est l'existence morne d'une âme grise qui a bien du mal avec la "modernité" et la mondialisation incarnée par les chinois du café local et le curé brésilien. C'est l'histoire d'un homme qui n'aime pas les russes (cela remonte à une histoire ancienne) et est attirée par les femmes asiatiques. Entre autres. De temps en temps, l'auteur remonte aux souvenirs d'enfance de Paul comme si celui-ci, à près de 50 ans, en était déjà au bilan d'une vie confite dans une certaine solitude et des habitudes de vieux garçon. Le ton est à la mélancolie et à l'angoisse d'une existence ratée dans les grandes largeurs, faute d'ambition ou de courage, notamment sur le plan sentimental. Le tableau est assez désolant mais Wieringa lui confère ce qu'il faut de lucidité pour faire de Paul un caractère auquel on peut s'attacher même s'il n'y a plus beaucoup d'espoir de le voir changer en profondeur et de trouver un sens à sa vie. Un peu trop long dans ses descriptions et dénué de personnages féminins notables mais enrichi par une plume affutée et claire, Sainte Rita n'est pas de ces romans pour lesquels on peut s'enflammer. Mais il y a là une épaisseur humaine et une profondeur psychologique qui rendent la lecture sinon agréable, du moins subtile et pénétrante comme un parfum un peu passé.

 

 

L'auteur :

 

Tommy Wieringa est né le 20 mai 1967 à Goor (Pays-Bas). Il a publié 8 romans dont La maison engloutie et Voici les noms.

 


29/08/2019
0 Poster un commentaire

La fille cachée du poète (Malva)

Avez-vous déjà vu mentionné le nom de Malva Marina Reyes quelque part ? Non, et ce n'est pas surprenant, tant l'existence de cette fille de Pablo Neruda est restée longtemps un mystère jusqu'à la découverte de sa tombe dans le vieux cimetière de Gouda, aux Pays-Bas, en 2004. Morte à 8 ans, cette enfant, qui souffrait d'hydrocéphalie a été abandonnée 2 années après sa naissance par le grand poète chilien au moment où il a quitté sa première femme, mère de Malva et néerlandaise. Hagar Peeters, poétesse, consacre à cette fillette son premier roman, sobrement intitulée Malva, sous la forme d'une sorte de confession post-mortem où elle raconte sa courte et douloureuse vie mais aussi celles, ensemble ou séparés, de ces deux parents. Mais ceci n'est qu'un des aspects du roman qui nous livre aussi les supposées réflexion de Malva au paradis, et la vie qu'elle y mène, aux côtés d'Oskar (le garçon du Tambour), du fils de James Joyce et de la fille d'Arthur Miller, autres enfants handicapés et bannis de l'existence de leurs célébrités de pères. Mais ce n'est pas tout, à l'occasion, Malva discute avec Socrate quand elle ne philosophe pas sur l'amour filial, la célébrité ou le sens de l'existence avant de s'adresser directement à la romancière dont le père a longtemps séjourné en Amérique latine et notamment au Chili. La plume de Hagar Peeters est alerte, c'est un fait, et l'humour bien présent, mais, au-delà de la difficulté d'accepter le postulat de départ, le lecteur se perd assez facilement dans un récit très digressif et confus qui ne respecte aucune chronologie et s'attarde parfois sur des faits ou des pensées à l'intérêt limité. Comment se fait-il que les romans de poètes confirmés soient le plus souvent (pas toujours) décevants ? C'est un mystère.

 

 

L'autrice :

 

Hagar Peeters est née le 12 mai 1972 à Amsterdam. Elle a publié 5 recueils de poésie.

 


24/06/2019
0 Poster un commentaire

La logique de l'extravagance (Vies conjugales)

Il est toujours délicieux ce moment où l'on ouvre un recueil de nouvelles de Bernard Quiriny. Il n'y a guère d'équivalent, dans l'univers francophone, à cet écrivain d'origine belge, docteur en droit par ailleurs, ce qui explique peut-être l'une de ses grandes forces en tant qu'auteur, à savoir créer des microcosmes imaginaires avec un sérieux de pape et une logique infaillible, quel que soit le degré de fantaisie et d'incongruité de ses trouvailles. Quiriny est un artiste de l'absurde, un virtuose du burlesque, un maître du fantastique, un as de l'extravagant. Ses idées sont dingues mais les petites histoires qu'il en tire sont cohérentes dans leur développement et leur chute. Un maître de la nouvelle, donc, ses romans étant plutôt décevants dans l'ensemble, et qui s'est notamment surpassé dans Contes carnivores. Son nouveau recueil, Vies conjugales, est souvent jubilatoire mais il y a cette fois quelques baisses de régime dans certains des 22 textes proposés, dont la taille est variable, de 2 à une quinzaine de pages. C'est difficile à expliquer mais on trouve dans Vies conjugales un peu moins de verve et de douces divagations qu'à l'accoutumée. Le plaisir est moindre mais il n'est pas absent du tout, bien heureusement. Bernard Quiriny reste un auteur précieux et assez unique en son genre, qui mériterait davantage de succès dans les librairies.

 

 

L'auteur :

 

Bernard Quiriny est né le 27 juin 1978 à Bastogne. Il a écrit 9 ouvrages (romans et nouvelles) dont Contes carnivores et Le village évanoui.

 


17/04/2019
0 Poster un commentaire

Cet endroit qui est Anvers (Trouble)

Trouble, le premier livre traduit en français de l'écrivain flamand Jeroen Olyslaegers est un roman puissant et chaotique qui ressemble à l'époque et à l'endroit qu'il décrit : l'occupation allemande dans la ville diamantaire d'Anvers où vivait une importante communauté juive. L'ouvrage se présente comme un long monologue d'un vieil homme, de nos jours, à destination de son arrière petit-fils où il raconte, plutôt qu'il ne justifie, ses actes durant cette sombre période où les lignes entre collaboration, résistance et neutralité, si tant est que cela ait pu exister, étaient pour le moins floues et sujettes à interprétation, bien des années plus tard. Le temps était alors à l'ambigüité, au doute, aux faux-semblants, et pour la plupart des anversois, à la survie. Wilfried, le narrateur, qui n'a peut-être plus toute sa tête, lâche de temps à autres quelque bribes de son histoire et de celle de ses proches après 1944. Durant l'Occupation allemande, Il était insaisissable, un policier aux allures de couleuvre qui se glissait dans tous les milieux, peu décidé à choisir un camp plutôt qu'un autre. Cet univers trouble rappelle un peu celui du Lacombe Lucien de Louis Malle (à la différence que le susdit avait de son côté pris parti, un peu par hasard, d'ailleurs). Trouble est un grand livre exigeant qui orchestre le capharnaüm ambiant avec maestria, quitte à perdre son lecteur parfois, notamment dans ses premières pages. L'atmosphère y est délétère et le cynisme autant que le tempérament dual de son personnage principal, poète à ses heures et soumis à des bouffées de violence éruptive, contribuent à densifier un roman qui alterne moments crus et instants lyriques, dans un style intense qui laisse peu de temps pour souffler. C'est vraisemblablement le livre le plus abouti de Jeroen Olyslaghers dont on serait curieux de lire d'autres récits, ce qui devrait pouvoir se faire si, comme il le mérite, Trouble connait le succès en France.

 

 

L'auteur :

 

Jeroen Olyslaegers est né le 5 octobre 1967 à Mortsel (Belgique). Il a publié 6 livres.

 


18/02/2019
0 Poster un commentaire

Un certain déterminisme social (Taxi Curaçao)

L'île de Curaçao, pour le visiteur lambda, a tout d'une contrée paradisiaque. Moins bétonnée que sa voisine d'Aruba, prisée par les touristes américains, elle offre une nature exubérante et de merveilleuses plages de sable blond. Mais ce n'est évidemment pas ce qui intéresse Stefan Brijs dans Taxi Curaçao. L'auteur flamand, enfin traduit en français depuis Le faiseur d'anges, avait frappé un grand coup avec Courrier des tranchées. Dans un tout autre genre, ce roman est tout aussi passionnant. L'histoire est racontée par un prêtre et enseignant noir autour d'un chauffeur de taxi, puis de son fils, victime d'un certain déterminisme social, effet collatéral du colonialisme (Curaçao est désormais un état autonome des Pays-Bas depuis 2010 après avoir fait partie des Antilles néerlandaises). Le regard chaleureux et bienveillant de ce prêtre, qui ne pratique pas la langue de bois auprès de ses ouailles et s'exprime avec une une grande liberté et lucidité, donne au récit de véritables couleurs, loin d'un exotisme facile. La véritable transmission se révèle être celle de la pauvreté et des espoirs déçus et le dénouement du livre, particulièrement brutal, participe d'un pessimisme profond qui malheureusement ne semble pas être simplement une posture de l'auteur concernant les natifs de Curaçao mais bien proche d'une triste réalité. Une situation que, bien entendu, le touriste lambda ne verra pas lors de son séjour.

 

 

L'auteur :

 

Stefan Brijs est né le 29 décembre 1969 à Genk (Belgique). Il a publié 10 romans dont Le faiseur d'anges et Courrier des tranchées.

 


22/12/2018
0 Poster un commentaire

L'odyssée d'une femme prosélyte (Le coeur converti)

Pour les amoureux de grand romanesque, Le cœur converti de Stefan Hertmans est un magnifique cadeau. Une histoire tragique d'amour fou dans le bruit et la fureur de la fin du XIe siècle, alors que la première croisade se prépare. Le romancier flamand, qui depuis des années habite le petit village de Monieux, dans le Vaucluse, est parti sur les traces d'une héroïne de cette époque, d'abord appelée Vigdis puis Hamoutal, qui aurait séjourné longuement à Monieux, avec son mari juif, puis seule, à la fin de sa douloureuse existence. La conversion de cette descendante d'une lignée normande a été la source de son malheur et a précipité sa fuite durant la majeure partie de sa vie, avec des étapes successives de Rouen à Monieux, en passant par Orléans, Narbonne, la Sicile et l'Egypte. A partir de quelques indices historiques, Hertmans tisse un récit incroyablement captivant qui scintille de mille détails sur les us et coutumes de cette période clé du moyen-âge. La violence y est très présente avec notamment la description terrible d'un pogrom. Au-delà de la fiction, à la manière d'un Emmanuel Carrère ou d'un Javier Marias, l'auteur évoque le making-of de son livre avec ses pèlerinages dans les lieux où aurait fait halte Hamoutal. Le rapport de Hertmans avec son personnage est étonnant, viscéral et épidermique. L'intrigue principale et les faits et gestes de l'écrivain se marient parfaitement, ces derniers servant de pause provisoire à l'odyssée de la femme prosélyte. Le style du romancier est superbe (on n'a jamais l'impression qu'il s'agit d'une traduction du néerlandais), parfois lyrique et extrêmement visuel. Hamoutal n'est pas une femme qui a vécu il y a plus de 900 ans, elle est une exilée d'aujourd'hui, soumise à la cruauté des hommes, à leur intolérance atavique et à la folie meurtrière qui les habite.

 

 

L'auteur :

 

Stefan Hertmans est né le 31 mars 1951 à Gand. Il a publié 7 romans dont Guerre et térébenthine.

 


15/11/2018
0 Poster un commentaire

Là où il y a de la hyène (La vraie vie)

Une romancière belge agite le Landerneau littéraire en cette période de rentrée. Ah, oui, et en quoi c'est nouveau puisque quasi permanent depuis plus de 20 ans ? C'est que l'auteure en question n'est pas la chapeautée que l'on connait mais une voix nouvelle qui répond au nom d'Adeline Dieudonné. La vraie vie (pas fameux, ce titre) est un premier roman exquis et atroce qui fait mal et du bien, pendu que l'on est aux basques d'une narratrice, 10 ans au début du livre, pendant 6 étés consécutifs. Rarement un tel dosage d'obscurité et de lumière aura été concocté pour aboutir à un ouvrage scénarisé comme un thriller implacable à la fois réaliste et sensible à l'imaginaire et transgressif jusqu'aux extrêmes limites à ne pas dépasser pour sombrer dans le sordide (ce que My Absolute Darling, par exemple n'a pas réussi, avis personnel). La vraie vie est un roman de survie, d'une fillette qui devient adolescente sans sas de décompression, au milieu d'un enfer familial où s'impose un père imprévisible et violent avec pour victime directe une mère éteinte (une "amibe"). Quant au petit frère de l'héroïne, il est menacé par les forces du mal et c'est la mission de sa soeur que d'essayer de le sauver. Bien d'autres éléments entrent en ligne de compte dans ce roman d'une densité folle et ébouriffant, y compris avec l'éveil de la sensualité de l'adolescente. Le livre culmine avec une traque en forêt qui rappellera aux cinéphiles Les chasses du comte Zaroff voire La nuit du chasseur. Ceci avant un final un peu appuyé, presque grand-guignolesque, seul éventuel bémol à apporter au bonheur de lecture. Car bonheur il y a à cheminer dans La vraie vie, un peu sadique parfois, mais fascinant de bout en bout et porté par une écriture sans esbroufe mais immédiatement efficace. Conclusion : là où il y de la hyène, il peut y avoir du plaisir (remarque uniquement compréhensible par ceux qui auront lu !).

 

 

L'auteure :

Alice Dieudonné est née en 1982 à Bruxelles. Elle a écrit des nouvelles et pour le théâtre.

 


14/09/2018
2 Poster un commentaire

Champagne et cœlacanthe (Les prénoms épicènes)

Amélie Nothomb est bien plus qu'une romancière, c'est une marque, qui a fidélisé ses adeptes au fil des années et qui propose invariablement un nouveau "produit" aux alentours de la mi-août. Certains ont beau arguer que c'est une auteure qu'on ne peut qu'aimer ou détester, il y a largement de la marge entre ces deux extrêmes, pour lui reconnaître un certain talent mais aussi pour regretter que ses livres ne soient que des nouvelles allongées qui laissent largement sur leur faim. En attendant un roman-fleuve, qui viendra peut-être un jour, Amélie poursuit inlassablement sur sa lancée avec Les prénoms épicènes qui n'est pas sans présenter des similitudes avec Frappe-toi le coeur, son précédent opus(cule). Une histoire de vengeance, qui comme on le sait se déguste froid, sur fond de relation fille/père et mari/épouse. Une intrigue sombre et cruelle, bien dans le ton Nothombien, qui a des allures de conte rocambolesque narré de façon réaliste et parfois aux frontières du cynisme. On pourrait aisément critiquer Les prénoms épicènes de la même façon que la plupart de ses 25 romans précédents : une intrigue linéaire et rapide, avec rebondissements et surprises, une même tonalité qui alterne entre le rose et le noir, une pincée d'humour, un dénouement sinon bâclé, du moins précipité et un sentiment final de frustration. Ah oui, on y boit bien sûr du champagne et la note bizarre et érudite, indispensable, est assurée par un poisson nommé cœlacanthe. D'accord, les pages de Les prénoms épicènes se tournent toutes seules mais qu'en reste t-il ensuite ? Tout dépend, évidemment, ce que l'on attend d'une oeuvre littéraire. Ceci dit, Amélie Nothomb est une marque qui dure maintenant depuis plus de deux décennies et cela, même les contempteurs de la belge au chapeau ne peuvent le contester.

 

les-prenoms-epicenes-1078004-264-432.jpg

 

L'auteure :

220px-Amélie_Nothomb_14_mars_2009.jpg

 

Amélie Nothomb est née le 9 juillet 1966 à Etterbeek (Belgique). Elle a publié 26 romans dont Stupeur et tremblements, Le voyage d'hiver et Pétronille.


28/08/2018
0 Poster un commentaire

Comédie helvète (Le roi, Donald Duck et les vacances du dessinateur)

Est-ce l'obtention de la nationalité française, en septembre dernier, qui a adouci quelque peu l'ironie grinçante et l'humour noir de Patrick Roegiers ? Toujours est-il qu'on ne retrouve pas vraiment dans Le roi, Donald Duck et les vacances du dessinateur l'écrivain de L'autre Simenon. Dans son dernier livre, ii est question de Hergé, de Léopold III et, épisodiquement du célèbre canard de dessin animé, tous se prélassant sur les rives du Lac Léman et tournant, ou pas, un film dont le scénario semble s'écrire en suivant l'existence de ces célébrités. C'est le prétexte pour l'auteur pour revisiter là grands traits la biographie de ces personnages et d'en évoquer une multitude d'autres, de Bogart à Laurel et Hardy, tout en égratignant gentiment les coutumes helvètes. Drôle de méli-mélo, à base de courtes notules et de citations innombrables, lesquelles sont pour la plupart (très) connues. C'est censé être une fantaisie drolatique, une comédie de moeurs suisse et une pochade légère. Ce n'est pas que ce soit mal écrit, c'est surtout que l'on fatigue vite devant les coqs à l'âne et les banalités que l'on devine ironiques. A part démontrer que Roegiers possède une grande culture et la capacité de s'intéresser autant à des choses graves que légères, il est difficile de comprendre véritablement où l'écrivain veut en venir. Au moins, le livre se parcourt vite. Mais sans beaucoup d'intensité et de plaisir, hélas.

 

9782246860211-001-T.jpeg

 

L'auteur :

index.jpg

 

Patrick Roegiers est né le 27 septembre 1947 à Ixelles (Belgique). Il a écrit des pièces de théâtre, des poèmes, des essais et des romans dont Le bonheur des belges et L'autre Simenon.


18/03/2018
0 Poster un commentaire