Cinéphile m'était conté ...

Cinéphile m'était conté ...

Belgique/Pays Bas


Le plein des sens (Kérozène)

Adeline Dieudonné est publiée aux Éditions de L'Iconoclaste, ce qui convient parfaitement à l'univers de l'auteure belge dont La vraie vie a impressionné une palanquée de lecteurs. D'une certaine façon, elle va encore plus loin dans Kérozène, une suite d'histoires ébouriffantes dont l'artificiel point de rencontre (une station-service) n'en fait pas pour autant un roman mais de cela, peu nous chaut en définitive puisqu'il y a dans ces courtes nouvelles de quoi faire se dresser les cheveux sur la tête et jubiler quasi en même temps. Dans ces tranches de vie bien saignantes, Adeline Dieudonné ose tout : du sexe, de la violence, de la déréliction et de la tendresse, quand même. Aucun récit n'est politiquement correct, pas de tabous, et un mélange d'absurde et de sinistre qui fonctionne presque à tous les coups, dynamisé par un style sans fioritures, direct et diablement efficace. Beaucoup d'animaux peuplent les différentes histoires : un dauphin libidineux, un cheval désarçonné, une truie affectueuse. Une sacrée ménagerie qui ne détonne pas dans un monde où les êtres humains révèlent leur part d'animalité. C'est abrasif et choquant, souvent, mais le côté perché de la chose et l'humour sous-jacent rendent la lecture addictive. Soit dit en passant, si l'on admet qu'il s'agit bien d'un recueil de nouvelles, il est assez incroyable qu'elles soient toutes d'un niveau aussi homogène dans la qualité, à la fois perturbantes et exaltantes. Qu'importe si le final du livre ne s'avère pas aussi palpitant qu'espéré, au vu de son entame prometteuse. Entre temps, on aura fait le plein des sens dans et en dehors de cette station-service qui est loin de respirer la même quiétude et solitude que celle du célèbre tableau de Hopper.

 

 

L'auteure :

 

Adeline Dieudonné est née le 12 octobre 1982 à Bruxelles. Elle a publié 3 romans dont La vraie vie.

 


05/04/2021
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Jeux interdits (Qui sème le vent)

Un grand bol d'air dans les polders ? Pour ce qui concerne Qui sème le vent, le premier roman de la néerlandaise Marieke Lucas Rijneveld, ce n'est vraiment pas le premier sentiment ressenti. Le livre est à "hauteur d'enfant" (une fillette qui a 10 ans du début du livre, 12 à la fin), un procédé rarement convaincant puisque le vocabulaire employé n'est jamais crédible (un terme comme mnémotechnique par exemple). Mais bon, c'est une convention, et ce n'est pas le grief majeur que l'on peut adresser à l'ouvrage. Reconnaissons à la romancière le talent de savoir planter une ambiance, celle d'une ferme aux Pays-Bas, au sein d'une famille religieuse qui vient de vivre un drame absolu avec la disparition d'un des fils, une mort dont l'héroïne de Qui sème le vent se sent coupable. Mais autant que sur l'atmosphère familiale étouffante, le récit s'attarde assez souvent sur les jeux interdits des enfants, à l'encontre des animaux, avec une certaine perversité, mais aussi entre gosses, sous la forme de passe-temps liés peu ou prou à la sexualité. La cruauté de l'enfance, avec tendances morbides ou sordides, n'est pas chose nouvelle en littérature ou au cinéma, voir par exemple Jeux interdits ou Cria cuervos, mais rien n'obligeait Marieke Lucas Rijneveld à la complaisance et à la répétition. Le qualificatif de "répugnant" est peut-être un peu fort mais il n'est pas loin de s'appliquer à certaines scènes, écrites pour choquer, cela parait évident. Au point qu'on en oublie certains passages de qualité dans le livre dès lors qu'il n'est pas question de constipation chronique ou de prétendus Juifs cachés dans la cave, deux "informations" ressassées à l'envi et qui parviennent tout à fait à ce que la romancière souhaite, à savoir mettre le lecteur mal à l'aise.

 

 

L'auteure :

 

Marieke Lucas Rijneveld est née le 20 avril 1991 à Nieuwendijk (Pays-Bas). Elle a publié deux recueils de poésie.

 


28/09/2020
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Brève dyslexie (Les aérostats)

C'est une impression, ou bien le dernier livre d'Amélie Nothomb passe un peu inaperçu en cette rentrée littéraire plutôt riche ? Qu'importe pour ses inconditionnels qui liront Les aérostats avec le même bonheur qu'à l'accoutumée. Le livre a t-il écrit récemment ou le manuscrit fait-il partie du stock où la romancière a la latitude de plonger, ayant prétendument par-devers elle une belle quantité de récits non encore publiés ? Laissons tomber, après tout, Amélie fait ce qu'elle veut et elle se fiche bien des mauvaises critiques qui lui reprocheront la brièveté et le manque d'épaisseur (c'est un peu pareil ?) de son dernier opus. Pour la première fois, pourtant, elle situe l'action de son intrigue à Bruxelles mais hormis deux à trois phrases consacrées à la capitale belge, on n'en saura pas plus sur ses sentiments vis-à-vis de sa ville natale. Pour le reste, Les aérostats est composé à 80% de dialogues entre une étudiante de 19 ans et un adolescent dyslexique de 16, la première étant censée guérir le second de son "handicap", ce qui serait vite fait, bien fait. S'ensuivent des échanges toniques et parfois amusants sur les lectures que le jeune garçon se voit imposées par sa "pygmalionne". Encore plus vite lu que d'habitude, le millésime 2020 d'Amélie Nothomb, avec son invraisemblable dénouement (ce n'est pas la seule chose qui laisse très dubitatif et incrédule), constitue une fois de plus un simple en-cas avant de passer à une littérature plus consistante. Disons que, cette fois-ci, il y avait bien peu à grignoter dans cette nouvelle livraison.

 

 

L'auteure :

 

Amélie Nothomb est née le 9 juillet 1966 à Etterbeek (Belgique). Elle a publié 29 livres dont Stupeur et tremblements, Tuer le père et Soif.

 


29/08/2020
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Une lumière dans le noir (Parce que les fleurs sont blanches)

Parce que les fleurs sont blanches est l'un des tous premiers livres de Gerbrand Bakker, paru en 1999 aux Pays-Bas, bien avant Là-haut, tout est calme et Le détour, ses deux romans les plus connus. Parce que les fleurs sont blanches n'a pas l'intensité ni la densité narrative de ses récits ultérieurs mais il montre déjà un écrivain avec un univers bien particulier et qui a peu d'égal pour distiller une sorte de sérénité mélancolique et une grande pudeur devant les drames de l'existence. Dans ce roman, on entre de plain pied dans un monde familial essentiellement masculin, depuis que la mère est partie sans laisser d'adresse, avec un père, des jumeaux et un cadet qui n'a pas encore fêté ses 14 ans. Bakker n'a pas son pareil pour créer une ambiance, chaleureuse et foncièrement triste, autour des jeux de la fratrie, des trajets en voiture vers la maison des grands-parents ou du comportement d'un petit chien qui semble comprendre et absorber les tourments cachés des membres de la famille. Un accident de voiture qui rend le plus jeune fils aveugle devrait précipiter le livre vers le drame. Mais avec sa délicatesse, son sens des dialogues dont le caractère parfois absurde cache la douleur, Bakker ne plonge jamais dans le pathos, tout dans son style respirant un calme et une lucidité déchirante. Les narrateurs principaux du roman sont les jumeaux, presque assimilés à une seule personne, et de temps en temps leur frère, celui qui ne supporte pas le noir duquel il est désormais prisonnier. Et le livre, sans fausse note, va vers son dénouement, de manière presque paisible, alors que le lecteur ne peut qu'être bouleversé par ce qui finit par arriver. Comment écrire sur des événements tragiques en s'approchant au plus près de la lumière, tel est le don de Gerbrand Bakker, dont on espère que les ouvrages encore inédits en français seront bientôt traduits.

 

 

L'auteur :

 

Gerbrand Bakker est né le 28 avril 1962 à Wieringerwaard (Pays-Bas). 4 de ses livres ont été traduits en français dont Là haut, tout est calme et Le détour.

 


23/02/2020
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La dernière sensation du Christ (Soif)

Question innocente : si le manuscrit de Soif avait été envoyé anonymement aux maisons d'éditions, aurait-il été retenu par icelles ? Pas sûr mais ce n'est pas non plus une indication sur sa qualité étant donné les textes qui ont été refusés de prime abord. Tout cela pour dire que le dernier roman d'Amélie Nothomb, qui se glisse dans la peau du Christ le temps d'un monologue, réussit le prodige de provoquer un ennui irrépressible, disons dès la trentième page. Ainsi donc, pour être le fils de Dieu, Jésus n'en était pas moins un homme, information de première main, lequel était soumis à tout un tas de sentiments, moraux mais aussi physiques, dont la soif qui donne son titre à ce récit qui va du procès à la résurrection de qui vous savez, avec quelques menus flashbacks et considérations sur les compagnons du Christ ou les "victimes' (oui, oui) des miracles qu'il a pu accomplir. Les voies du Seigneur sont impénétrables, celles d'Amélie Nothomb le sont davantage dans ce roman inconsistant mais qui se veut original mais qui ne l'est guère et ne devrait pas susciter l'ire des intégristes, rien à voir que La dernière tentation du Christ. Car ici, il n'est question que des dernières sensations de Jésus. Pas de quoi crucifier Amélie, évidemment, mais on attend depuis si longtemps un roman qui dépasserait les 150 pages et qui montrerait un vrai talent (qu'elle a, c'est certain) pour développer une intrigue et des personnages. Un jour, peut-être.

 

 

L'auteure :

 

Amélie Nothomb est née le 9 juillet 1966 à Etterbeek (Belgique). Elle a publié 27 romans dont Stupeur et rmblements, Barbe bleue et Les prénoms épicènes.

 


01/09/2019
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Une âme grise (Sainte Rita)

Connaissez-vous Fagne-Sainte-Marie, petit village sis à l'est des Pays-Bas, proche de la frontière allemande. ? A priori, vous n'avez rien raté, l'endroit semble n'avoir pas bougé depuis des lustres et beaucoup de ses habitants le fuient dès que possible. C'est là que Paul, le héros du roman de Tommy Wieringa, Sainte Rita, habite depuis sa naissance, partageant son temps entre sa boutique de curiosités militaires, les soins à son père avec lequel il vit et quelques soirées arrosées avec son meilleur et seul ami, Hedwiges. C'est l'existence morne d'une âme grise qui a bien du mal avec la "modernité" et la mondialisation incarnée par les chinois du café local et le curé brésilien. C'est l'histoire d'un homme qui n'aime pas les russes (cela remonte à une histoire ancienne) et est attirée par les femmes asiatiques. Entre autres. De temps en temps, l'auteur remonte aux souvenirs d'enfance de Paul comme si celui-ci, à près de 50 ans, en était déjà au bilan d'une vie confite dans une certaine solitude et des habitudes de vieux garçon. Le ton est à la mélancolie et à l'angoisse d'une existence ratée dans les grandes largeurs, faute d'ambition ou de courage, notamment sur le plan sentimental. Le tableau est assez désolant mais Wieringa lui confère ce qu'il faut de lucidité pour faire de Paul un caractère auquel on peut s'attacher même s'il n'y a plus beaucoup d'espoir de le voir changer en profondeur et de trouver un sens à sa vie. Un peu trop long dans ses descriptions et dénué de personnages féminins notables mais enrichi par une plume affutée et claire, Sainte Rita n'est pas de ces romans pour lesquels on peut s'enflammer. Mais il y a là une épaisseur humaine et une profondeur psychologique qui rendent la lecture sinon agréable, du moins subtile et pénétrante comme un parfum un peu passé.

 

 

L'auteur :

 

Tommy Wieringa est né le 20 mai 1967 à Goor (Pays-Bas). Il a publié 8 romans dont La maison engloutie et Voici les noms.

 


29/08/2019
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La fille cachée du poète (Malva)

Avez-vous déjà vu mentionné le nom de Malva Marina Reyes quelque part ? Non, et ce n'est pas surprenant, tant l'existence de cette fille de Pablo Neruda est restée longtemps un mystère jusqu'à la découverte de sa tombe dans le vieux cimetière de Gouda, aux Pays-Bas, en 2004. Morte à 8 ans, cette enfant, qui souffrait d'hydrocéphalie a été abandonnée 2 années après sa naissance par le grand poète chilien au moment où il a quitté sa première femme, mère de Malva et néerlandaise. Hagar Peeters, poétesse, consacre à cette fillette son premier roman, sobrement intitulée Malva, sous la forme d'une sorte de confession post-mortem où elle raconte sa courte et douloureuse vie mais aussi celles, ensemble ou séparés, de ces deux parents. Mais ceci n'est qu'un des aspects du roman qui nous livre aussi les supposées réflexion de Malva au paradis, et la vie qu'elle y mène, aux côtés d'Oskar (le garçon du Tambour), du fils de James Joyce et de la fille d'Arthur Miller, autres enfants handicapés et bannis de l'existence de leurs célébrités de pères. Mais ce n'est pas tout, à l'occasion, Malva discute avec Socrate quand elle ne philosophe pas sur l'amour filial, la célébrité ou le sens de l'existence avant de s'adresser directement à la romancière dont le père a longtemps séjourné en Amérique latine et notamment au Chili. La plume de Hagar Peeters est alerte, c'est un fait, et l'humour bien présent, mais, au-delà de la difficulté d'accepter le postulat de départ, le lecteur se perd assez facilement dans un récit très digressif et confus qui ne respecte aucune chronologie et s'attarde parfois sur des faits ou des pensées à l'intérêt limité. Comment se fait-il que les romans de poètes confirmés soient le plus souvent (pas toujours) décevants ? C'est un mystère.

 

 

L'autrice :

 

Hagar Peeters est née le 12 mai 1972 à Amsterdam. Elle a publié 5 recueils de poésie.

 


24/06/2019
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La logique de l'extravagance (Vies conjugales)

Il est toujours délicieux ce moment où l'on ouvre un recueil de nouvelles de Bernard Quiriny. Il n'y a guère d'équivalent, dans l'univers francophone, à cet écrivain d'origine belge, docteur en droit par ailleurs, ce qui explique peut-être l'une de ses grandes forces en tant qu'auteur, à savoir créer des microcosmes imaginaires avec un sérieux de pape et une logique infaillible, quel que soit le degré de fantaisie et d'incongruité de ses trouvailles. Quiriny est un artiste de l'absurde, un virtuose du burlesque, un maître du fantastique, un as de l'extravagant. Ses idées sont dingues mais les petites histoires qu'il en tire sont cohérentes dans leur développement et leur chute. Un maître de la nouvelle, donc, ses romans étant plutôt décevants dans l'ensemble, et qui s'est notamment surpassé dans Contes carnivores. Son nouveau recueil, Vies conjugales, est souvent jubilatoire mais il y a cette fois quelques baisses de régime dans certains des 22 textes proposés, dont la taille est variable, de 2 à une quinzaine de pages. C'est difficile à expliquer mais on trouve dans Vies conjugales un peu moins de verve et de douces divagations qu'à l'accoutumée. Le plaisir est moindre mais il n'est pas absent du tout, bien heureusement. Bernard Quiriny reste un auteur précieux et assez unique en son genre, qui mériterait davantage de succès dans les librairies.

 

 

L'auteur :

 

Bernard Quiriny est né le 27 juin 1978 à Bastogne. Il a écrit 9 ouvrages (romans et nouvelles) dont Contes carnivores et Le village évanoui.

 


17/04/2019
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Cet endroit qui est Anvers (Trouble)

Trouble, le premier livre traduit en français de l'écrivain flamand Jeroen Olyslaegers est un roman puissant et chaotique qui ressemble à l'époque et à l'endroit qu'il décrit : l'occupation allemande dans la ville diamantaire d'Anvers où vivait une importante communauté juive. L'ouvrage se présente comme un long monologue d'un vieil homme, de nos jours, à destination de son arrière petit-fils où il raconte, plutôt qu'il ne justifie, ses actes durant cette sombre période où les lignes entre collaboration, résistance et neutralité, si tant est que cela ait pu exister, étaient pour le moins floues et sujettes à interprétation, bien des années plus tard. Le temps était alors à l'ambigüité, au doute, aux faux-semblants, et pour la plupart des anversois, à la survie. Wilfried, le narrateur, qui n'a peut-être plus toute sa tête, lâche de temps à autres quelque bribes de son histoire et de celle de ses proches après 1944. Durant l'Occupation allemande, Il était insaisissable, un policier aux allures de couleuvre qui se glissait dans tous les milieux, peu décidé à choisir un camp plutôt qu'un autre. Cet univers trouble rappelle un peu celui du Lacombe Lucien de Louis Malle (à la différence que le susdit avait de son côté pris parti, un peu par hasard, d'ailleurs). Trouble est un grand livre exigeant qui orchestre le capharnaüm ambiant avec maestria, quitte à perdre son lecteur parfois, notamment dans ses premières pages. L'atmosphère y est délétère et le cynisme autant que le tempérament dual de son personnage principal, poète à ses heures et soumis à des bouffées de violence éruptive, contribuent à densifier un roman qui alterne moments crus et instants lyriques, dans un style intense qui laisse peu de temps pour souffler. C'est vraisemblablement le livre le plus abouti de Jeroen Olyslaghers dont on serait curieux de lire d'autres récits, ce qui devrait pouvoir se faire si, comme il le mérite, Trouble connait le succès en France.

 

 

L'auteur :

 

Jeroen Olyslaegers est né le 5 octobre 1967 à Mortsel (Belgique). Il a publié 6 livres.

 


18/02/2019
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Un certain déterminisme social (Taxi Curaçao)

L'île de Curaçao, pour le visiteur lambda, a tout d'une contrée paradisiaque. Moins bétonnée que sa voisine d'Aruba, prisée par les touristes américains, elle offre une nature exubérante et de merveilleuses plages de sable blond. Mais ce n'est évidemment pas ce qui intéresse Stefan Brijs dans Taxi Curaçao. L'auteur flamand, enfin traduit en français depuis Le faiseur d'anges, avait frappé un grand coup avec Courrier des tranchées. Dans un tout autre genre, ce roman est tout aussi passionnant. L'histoire est racontée par un prêtre et enseignant noir autour d'un chauffeur de taxi, puis de son fils, victime d'un certain déterminisme social, effet collatéral du colonialisme (Curaçao est désormais un état autonome des Pays-Bas depuis 2010 après avoir fait partie des Antilles néerlandaises). Le regard chaleureux et bienveillant de ce prêtre, qui ne pratique pas la langue de bois auprès de ses ouailles et s'exprime avec une une grande liberté et lucidité, donne au récit de véritables couleurs, loin d'un exotisme facile. La véritable transmission se révèle être celle de la pauvreté et des espoirs déçus et le dénouement du livre, particulièrement brutal, participe d'un pessimisme profond qui malheureusement ne semble pas être simplement une posture de l'auteur concernant les natifs de Curaçao mais bien proche d'une triste réalité. Une situation que, bien entendu, le touriste lambda ne verra pas lors de son séjour.

 

 

L'auteur :

 

Stefan Brijs est né le 29 décembre 1969 à Genk (Belgique). Il a publié 10 romans dont Le faiseur d'anges et Courrier des tranchées.

 


22/12/2018
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